Et si on profitait des vacances pour déconnecter ? Je veux dire : et si on arrêtait de se prendre la tête avec Facebook et consorts ? Et si on redevenait des insouciants du 2.0, ne serait-ce que l’espace d’un été ? Essayez de vous souvenir : à quand remonte, en tant que parent, votre dernière zénitude face à un écran ? Je sais bien, nous savons tous bien, que le jour où nous devenons parents, nous laissons au vestiaire le peu d’insouciance qui nous reste. Nous savons tous qu’être parent, c’est être anxieux. L’inquiétude fait partie du pack « sentiments » livré avec l’arrivée d’un enfant, au même titre que l’amour, la joie, la tendresse, l’énervement, bref, la vie. C’est ainsi, un parent est inquiet par nature, et oublie donc, au fil des années, l’existence même du mot « insouciance ». Et comme si le quotidien lambda n’était pas à lui seul une source potentielle suffisamment conséquente de soucis, les écrans, pourtant pleins de promesses, sont venus en rajouter une couche dans un paysage déjà bien encombré. Alors cet été, profitons des deux mois de vacances des enfants pour retrouver un peu de sérénité en fermant le bureau des réclamations numériques. Entamons avec les enfants une cure de déconnexion volontaire pour récupérer un peu de notre capital « sans soucis avec les écrans ». Attention, « sans soucis » n’est pas ici synonyme de « repos ». Ce serait même plutôt l’inverse. En revanche, l’énergie dépensée pour renouer avec la tranquillité sera compensée par la sensation de détente procurée. Finis les conflits sur le temps d’heures passées à se connecter, les discussions sans fin sur « mais à quoi ça te sert d’avoir 200 amis que tu connais pas », les palabres autour de « non, tu n’auras pas une DS pour ton anniversaire », les tentatives pour qu’ils passent, sur l’iPad, plus de temps sur des applis maths que sur angry birds, les questionnements intérieurs pour savoir si oui ou non on a bien fait de les laisser jouer à la Wii pour avoir la paix, les interrogations autour des jeux vidéo… Bref, tous ces petits moments de la vie de tous les jours, où les écrans sont loin, très loin de la détente à laquelle ils devraient pourtant conduire. Pour en finir, au moins temporairement, avec ces instants de tension numérique, profitons donc des vacances pour déconnecter et arrêter les prises de tête. Détails en quatre points.
Première étape : passer ses vacances dans un coin paumé, sans 3G ni Wifi. Le B.-A. BA de vacances tranquilles (qui a dit « ennuyeuses ? »).
Deuxième étape : occuper les enfants. Bien entendu, c’est la partie la plus délicate de l’opération déconnexion. Si vous êtes en montagne, prévoyez des grandes randonnées. Les journées seront peut-être un peu difficiles, mais elles seront compensées par des soirées très calmes. Mais où que vous soyez, pour que l’esprit soit occupé par autre chose que par des connexions, prévoyez d’occuper le corps, et de le reconnecter avec le mouvement.
Troisième étape : tenir bon. Ne pas lâcher au bout de trois jours de « Mais maman il est où l’iPad ? », ou de « Je m’ennuie je veux faire de la Wii ». Les trois premiers jours seront un peu délicats. Pour cela, être fort mentalement. Se préparer, anticiper, réapprendre à respirer. Ne pas hésiter à faire la pose du lotus si la tension monte. Elle aura le double avantage de vous relaxer et de surprendre les enfants, et devrait, de ce fait, vous procurer un petit répit.
Quatrième étape : savourer. Vous êtes dans un coin paumé relax, les enfants passent leurs journées à crapahuter, les soirées sont placées sous le sceau de la bonne humeur, la famille est détendue. Tout n’est que joie, bonheur et harmonie : profitez-en. Emmagasinez ces instants d’insouciance pour pouvoir les utiliser quand la bise 2.0 sera venue. Ça n’est d’ailleurs pas là le moindre des paradoxes de notre quotidien connecté : faire passer la déconnexion pour un luxe qui se mérite. Ce qui, finalement était notre ordinaire, à nous, enfants de la deuxième moitié du XXe siècle.

