Je vais vous faire une confession : je n’aime pas les araignées. J’ai déjà un évoqué le sujet ici… Pas une phobie, mais pas loin. Tous les ans, à partir de la fin de l’été, ma vie bascule à la tombée de la nuit : j’ai l’œil aux aguets, le cœur au taquet et vice versa, je ne me déplace pas sans aspirateur ou balai (ce qui est un petit peu compliqué à gérer, vous en conviendrez aisément), je sursaute au moindre souffle de vent, j’économise pour acheter des lunettes infrarouges, je fais de l’urticaire dès que j’aperçois une toile dans un coin, ma voix mue vers les aigus dès qu’un machin noir à huit grosses pattes velues s’aventure sur le tapis du salon, et clou du spectacle, je tombe en syncope si le machin noir s’avère être une araignée (mon Dieu, même écrire le mot me donnerait presque la chair de poule). Bref, donc, pas une phobie, mais pas très loin, juste à côté. Pourtant, je vous jure, je me raisonne. J’essaie. Même les zèbres y vont de leur remontrance : « Mais enfin maman, c’est pas la petite bête qui fait peur à la grosse » (ces enfants sont bien élevés je trouve). Mais tout ça, c’est du passé. Parce que je me soigne. J’ai décidé que passer un mois entier tous les ans dans la crainte d’une bestiole de 5 centimètres était totalement disproportionné. Grâce à Twitter, j’ai vaincu ma peur. Et en plus, ça rime. Je m’explique.
Dominer ses émotions en 140 signes…
L’autre soir, alors qu’il était tard, que je commençais à relâcher l’attention et l’aspirateur, un monstre a surgi de nulle part. Enorme, velue, noire, silencieuse, fourbe : une araignée. La veille, le même scénario avait eu lieu. L’an passé aussi… Je me suis dit que ça risquait de durer encore quelques soirs, ces apparitions, et que si je voulais préserver mon cœur d’une attaque, il fallait que je terrasse la bête. Que je surmonte ma peur. Que je fasse front une bonne fois pour toutes. Que je sois courageuse. Une solution s’est alors imposée naturellement : il fallait que je tweete. Oui. J’ai soigné ma phobie avec Twitter. J’ai dominé mes émotions en 140 signes. J’ai terrassé un monstre avec l’iPhone.
… et en 4 étapes
Le processus, déjà rôdé, a finalement été assez simple. Il était tard donc ; j’étais seule dans le salon face au monstre, c’était lui ou moi. Première étape : en l’absence de monsieur 3.0, il me fallait un soutien extérieur et instantané. Direction Twitter.
Deuxième étape : prendre de la distance avec la situation = prendre la bête en photo. Et se rendre compte qu’en cherchant à obtenir une image nette, je me focalisais, sans jeu de mot (ou juste un peu), sur la photo elle-même, et non plus sur son sujet, au point de me rapprocher de quelques centimètres du monstre, sans qu’il me saute à la gorge. Frémir un petit peu par habitude, mais sans plus.
Troisième étape : poster la photo sur Twitter. Et éprouver comme un soulagement. Comme si le fait de partager avec mes abonnés avait le pouvoir de diluer l’appréhension. De la ramener à des proportions insignifiantes. Transformer une peur réelle, irraisonnée, en une bonne tranche de rigolade. Dédramatiser en partageant.
Quatrième étape, pour mettre un terme définitif à cette relation étrange avec les araignées : raconter mes mésaventures sur le blog. En profiter pour rappeler que les émotions, c’est aussi numérique. Que les liens sur les réseaux sociaux n’ont rien de virtuel, mais qu’ils ont au contraire, pour peu qu’on s’en donne la peine, des implications dans le quotidien. Et, enfin, remercier les araignées, leurs toiles, leurs huit pattes velues, pour leur inspiration constante.


Amusant, j’ai eu aujourd’hui en classe ma première « araignée de salle de bains ». Non pas apparue dans le lavabo, mais apportée par un ancien élève. On va commencer l’élevage, et on te postera avec plaisir des photos sur Twitter ! :)
Je retiens ta technique Twitter pour le prochain plat que je n’aime pas (rare) ou l’activité que je repousse toujours au lendemain ^^.