Dans la famille de Klaus, 48 ans, iDad de Ella, 9 ans, et Nils, bientôt 8 ans, pas de télé, mais des écrans quand même, avec un accès réglementé, expliqué… et accepté.
« Chez nous, c’est un peu une éducation à l’ancienne qui se frotte à la geekerie ambiante du papa. Je dois dire que ça ne marche trop mal. D’abord, nous sommes totalement téléphobes, le décodeur n’a jamais été déballé. On s’en passe depuis plus de 15 ans, pour le plus grand bien de tout le monde. En ce qui concerne les DVD, la dose acceptable ne dépasse jamais les 2 heures par semaine, tout en sachant que la moyenne serait davantage de 2 heures par mois…
Le crédo de base : lorsque la communication est à sens unique, soit c’est niet, soit c’est à petites doses. Lorsqu’il y a interaction, les règles deviennent plus souples.
Exemple ? Quand il y a des copains à la maison, hors de question de regarder un film ensemble. Les copains viennent pour jouer, pas pour s’affaler et se laisser arroser. En revanche, pas de problème pour faire une demi-heure sur la Wii.
Chaque enfant dispose de son iPod en libre accès, mais l’internet est coupé. Par ailleurs, leurs iPods ne sortent pas de la maison. Ma fille écoute beaucoup la musique, regarde les photos (on a un blog familial), et commence à se familiariser avec les mails. Le fiston idem, mais il est davantage branché jeux, il a fallu limiter la durée (1/2 heure par jour) au début. Maintenant il s’est auto-régulé, une fois l’effet nouveauté estompé, sauf pour l’appli « prout », évidemment, inépuisable… Quant a Internet, il suffit de demander pour y accéder, mais la présence d’un adulte qui voit l’écran est obligatoire. Le lien se fait ainsi, entre l’iPod et l’internet : ils adorent chercher des vidéos de musique sur l’ordi ; après, je leur charge les morceaux qui les éclatent pour qu’ils aient les musiques chacun de leur côté. Et pour l’iPad, pas de folie particulière : un jeu de dessin par ci, une petite appli marrante par là, ça a l’air d’être suffisant pour l’instant. En revanche, on s’en sert régulièrement en famille pour regarder un truc sur le net.
Toutes ces règles ont été expliquées et argumentées. Visiblement, les deux enfants cautionnent, même si ça râle parfois. L’autre jour, ma fille est allée chez une copine dont la maman m’a rappelé une heure plus tard pour me dire que ma fille voulait rentrer. Je suis allé la chercher, et dans la voiture elle m’a avoué : « Je suis allée chez ma copine pour jouer, mais elle, elle voulait regarder la télé. Alors je préfère m’occuper à la maison. » Le vieux con que je suis jubilait forcément…
Très sincèrement, je pense qu’il suffit d’expliquer aux enfants pourquoi ces règles existent. À condition de rester cohérent et constant, ça passe nickel. IPod, iPad, iTruc sont des outils formidables, à condition que leur utilisation ne soit pas excessive, encadrée par les parents et adaptée à l’âge des utilisateurs.
Certes, le prix à payer pour les adultes est lourd : jamais encore nous n’avons mis les enfants devant un écran pour avoir la paix. Jamais encore nous n’avons invité des amis adultes à la maison le soir avec leurs enfants en mettant toute la marmaille devant une téloche, histoire de bien les calmer. Mais bon, c’est le projet familial qui nous va bien.
Effet secondaire de notre attitude : nos enfants adorent lire. Il y a des tonnes de bouquins à la maison, la sortie hebdomadaire à la bibliothèque est un must, en dessous d’une heure de lecture par jour nos enfants ne sont pas contents. Et puisqu’ils n’ont jamais vu leurs parents devant la télé, mais souvent plongés dans les livres, la boucle est bouclée. Dans 5 ans, on va tous les 4 bouquiner sur nos iPads ! »

