Elle a 15 ans. Sur Internet, elle s’appelle Ameriquebecoise. Dans la « vraie vie », elle est lycéenne, et elle s’appelle Mélina Kéloufi. Mais pour elle, les deux identités sont indissociables : « Sans Ameriquebecoise, Mélina Kéloufi n’est pas grand-chose. Et sans Mélina Kéloufi, pas d’Ameriquebecoise. » explique l’adolescente, qui a une utilisation déjà très réfléchie des réseaux sociaux. Depuis l’année dernière, elle blogue et elle tweete. Elle raconte à Parents 3.0 son expérience.
« Un jour de mars 2011, alors que nous étions en salle informatique, notre professeure de français a distribué une charte tout en nous expliquant que nous utiliserions le réseau social Twitter pendant les cours. Nous ne nous y attendions pas du tout. Parmi les règles instaurées : pas de langage SMS, tweeter uniquement des choses ayant un rapport avec le travail, protection du compte conseillée… Nous étions, malgré la charte, assez libres. Chacun de nous avait son propre compte, et la prof gérait un compte au nom de la classe.
Avant d’utiliser Twitter, j’avais des a priori. Je m’étais fiée à ce que j’avais entendu. J’avais donc en tête que ça n’était qu’une pâle copie de Facebook. Finalement, je me suis rendue compte que j’aurais dû me méfier des on-dit. Les deux réseaux sociaux ne s’opposent pas, ils se complètent.
Voilà maintenant plusieurs mois que j’ai une utilisation personnelle de Twitter. Je suis impressionnée par la rapidité avec laquelle circulent les informations ! Ce qui m’a aussi beaucoup surprise, c’est la convivialité entre les twittos. Même s’ils ne se connaissent pas dans la « vie réelle », les gens s’entraident. Tweeter rime également avec partager, et j’aime ça.
Un jour de juin 2011, j’ai décidé de me lancer – sans vraiment connaître la direction – dans la tenue d’un blog. Sans Twitter, je n’aurais jamais fait ce choix-là. Sur le réseau, tout ce qu’on écrit peut être lu par n’importe qui sur la surface de la planète et je commençais à m’y habituer. C’est en lisant les blogs de ma professeure de français et d’une amie que j’ai été tentée. En créant le mien, j’ai voulu me surpasser, essayer quelque chose de nouveau. J’ai appris à mettre un point final à un texte.
J’ai attendu plusieurs semaines avant de parler de mon blog à mes parents. Je n’ai jamais fait lire une seule de mes publications à mon père, et seulement deux ou trois à ma mère. Ils me laissent une grande liberté sur Internet parce que j’ai pu leur prouver que je suis consciente des dangers des réseaux sociaux et que je fais attention. On discute souvent de Twitter et de mon blog, ils me questionnent et je leur réponds en toute transparence. Au début ils étaient méfiants (je les comprends) mais ils ont vu que ce que je fais m’épanouit. Ça leur suffit. »
Le blog d’Ameriquebecoise : http://ameriquebecoise.wordpress.com/

