« Les parents trop connectés sont-ils indignes ? » C’est la question qui était posée dans un article de Slate cet été. Et c’est évidemment une question que je me pose très souvent. Mes enfants me voient fréquemment au travers d’un écran. Parce que les écrans sont indispensables à ma vie professionnelle et personnelle. Comme pour beaucoup. Et je sais que mes enfants saturent parfois de me voir scotchée à l’ordinateur, ou pire, à l’iPhone. « Je crois que tu as eu assez d’écran pour aujourd’hui », m’a prévenue 8ans un
jour de vacances où elle avait eu visiblement son quota d’iPhonemum. Et je l’ai écoutée, j’ai rangé l’iPhone.
Oui, je suis très connectée. Trop ? Plus que la moyenne en tous cas. Suis-je pour autant « indigne » ? C’est-à-dire, selon le dictionnaire, que je ne mériterais pas ce que me confère mon rôle (de mère) ? Puis-je continuer à élever mes enfants malgré ma passion pour l’iPhone ? Après les enfants qu’il faut limiter devant un écran (et je souscris évidemment), voilà donc les parents qui commencent à faire les frais de cette méfiance pour le numérique. Et hop, une injonction supplémentaire sur la route déjà encombrée du parent qui doit être parfait. Après avoir expliqué aux parents largués sur les réseaux qu’il fallait s’éduquer autant que les enfants (et ce n’est évidemment pas moi qui dirai le contraire), allons-nous maintenant devoir faire marche arrière, histoire de montrer que nous ne sommes ni trop connectés, ni, donc, indignes ?
Il est vrai qu’aujourd’hui, la main humaine a muté et se prolonge de plus en plus par un smartphone. J’ai vu de nombreux parents sur les plages cet été les yeux rivés sur leur iPhone (ou BlackBerry ou whatever), pour prendre des photos, envoyer des SMS, jouer (probablement), tweeter (peut-être), facebooker (sûrement), bloguer (qui sait). (J’ai vu aussi des maîtres nageurs pianoter sur leur téléphone en pleine surveillance de piscine, et là je trouve ça très embêtant). L’iPhone parental, c’est le couteau suisse du souvenir de vacances. C’est, aussi, une manière de faire une pause au milieu de journées entièrement consacrées à ces chères têtes blondes (ou brunes ou whatever), et de renouer, l’espace de quelques minutes, avec l’univers des neurones adultes. Sniffer sa dose d’actu, de tweets, de réseau. Bref, ce qui fait des parents des individus en prise avec leur temps, et donc aptes à inscrire leur progéniture dans leur époque.
À partir de quand devient-on un parent « trop » connecté ? Un parent déconnecté est-il un meilleur parent qu’un parent connecté ? On en revient finalement toujours à ce débat sans fin : qu’est-ce qu’un « bon » parent, connecté ou non ? Peut-être celui qui est suffisamment bien dans sa peau pour élever ses enfants, i.e. les tirer vers le haut. En tant que mère 3.0, qui excède parfois ses zèbres parce qu’elle passe du temps devant/derrière les écrans, je ne me sens ni plus digne qu’une autre, ni plus indigne non plus. Je me sens juste moi, adepte de l’iPhone pour tout ce qu’il apporte, adepte des écrans pour leur ouverture sur d’autres univers, comme d’autres aiment passer du temps dans leur cuisine ou dans les pages d’un livre, ou dans une salle de sport (ou… whatever…), les uns n’étant pas incompatibles avec les autres. Ce que nous sommes en tant qu’individus participe de la construction de nos enfants. J’ai déjà expliqué à mes enfants que j’avais, aussi, une vie numérique. Que l’attention que je ne leur donne pas quand je suis plongée dans l’iPhone relève de la même non-attention que lorsque je lis un livre ou un journal. Qu’il y a un temps pour le numérique et un temps pour l’IRL. Que l’IRL leur est entièrement consacré pendant les vacances. Et que la compensation, c’est de rejoindre le monde des adultes à travers les écrans. Ce dont ils profitent également puisqu’ils adorent « faire les avatars » avec moi, et découvrir, à leur rythme, l’univers des réseaux sociaux et des jeux. Alors, non, comme l’auteur de l’article de Slate, je ne pense pas être indigne en étant connectée. Juste moi même. Une mère 3.0, qui transmet à ses enfants le goût des écrans, comme d’autres transmettent le goût de la décoration ou du sport.



Un post que je like, tweete… euh, mince, il faut coucher les enfants là… mère indigne que je suis ;-)
une maman geek x3
Merci :-)
Bonjour, je ne suis pas encore papa, mais j’espère l’être un jour et je dois dire que la question de comment faire pour être le meilleur papa du monde est déjà présente dans mon esprit.
Je pense que dans la vie rien n’est bon, rien n’est mauvais, mais que tout est question de dosage. Le problème est que rien ne nous indique et nous force à respecter la dose maximum , on se la fixe nous-même.
À l’époque de l’infobésité, les personnes ( dont je fais certainement partie) me font penser à une pub sur l’alcoolisme .
On trouve toujours plus connecté que nous pour s’assurer qu’on a pas encore dépassé la «limite de l’inattention .
Comment se rendre compte qu’on est trop connecté, si toutes les personnes de notre entourage le sont aussi ?
Je suis complètement d’accord sur le fait que l’inattention provoquée par son écran n’est pas pire que d’être plongé dans un livre. Mais il faut noter une différence qui a son importance. On ne lit pas 3 lignes d’un article comme ça d’un coup pendant une discussion avec un ami ou autre. Avec hyperconnectivité, nous sommes sollicités à tout moment de la journée. Notre smartphone se met à vibrer/sonner, nous le regardons, hop un nouveau sms, mail, tweet ou autre… C’est ces petits moments souvent inférieurs à une minute mais qui nous font relâcher notre attention IRL que je trouve regrettable. Combien de discussion entre amis, n’ai-je pas comprise à cause d’un sms reçu en plein milieu ? Rien de dramatique en soit, mais je trouve que le virtuel détériore un peu nos rapports sociaux IRL au quotidien, et ce de plus en plus.
J’imagine bien demain aux informations : un jeune enfant a été renversé par une voiture, car il a traversé alors que le passage piéton était au rouge. Sa mère lui avant laché la main pour repoker son collègue de bureau.
Donc oui je pense que quand je serais père, je serais toujours connecté, mais pas de la même façon. Il faudra que je me définisse des périodes réservées uniquement à mon/mes enfants, ou je m’interdirais toutes interactions avec le monde virtuel. Ça me semble être une bonne solution,non ?
Merci pour votre commentaire. Je suis ravie de voir que des non parents lisent le blog ; ) Et je crois que votre réflexion est juste : il faut savoir garder des moments totalement off. Question de bon sens, simplement…
bonsoir
Je pense qu’un parent connecter est plus une chance qu’autre chose (si toute fois il sait ce qu’il fait et ne se dit pas « geek de facebook ») : il aide son enfant, volontairement (par des activitées et demonstrations) et involontairement (coup d’oeil sur l’écran pour voir ce que fait papa/maman) , à decouvrir des choses qu’il ne voit pas à l’ecole et au centre aere. C’est donc son education qui se fait.
De plus, ca ne sert a rien de culpabiliser si on trouve qu’on est resté un peu trop sur le portable/pc : les parents doivent, je pense, etre a l’ecoute des enfants, mais ne doivent pas etre sur le dos de leurs enfants : si on avait levé les yeux, on aurait pu voir les enfants jouer ensemble sans que des parents trop lourds ne leur fixe de regles (en dehors des regles normal : on ne se tue pas, et si on se tue, on ne laisse pas de preuves lol).
Et si les enfants n’arretent pas de dire « quitte ton telephone », n’est ce pas parcequ’on leur dit la meme chose et que ca leur donne leur vengence ?
je dis tout ca du point de vue d’un grand enfant (jeune majeur) et qui estime avoir la chance d’avoir un pere plutot bien connecté (sauf sur le sable, ou l’ecran etait remplassé par un livre ^^)
ps : je ne dis bien sur pas qu’il faut abandonner ses enfants pour l’ecran, mais que l’un est l’autre sont compatibles pour le bien de tous