Voilà, c’est fait, après deux mois loin des bancs de l’école qui sont depuis longtemps des chaises, l’heure de la rentrée a sonné. L’heure du cartable aussi, donc, et de la fastidieuse liste de fournitures scolaires. Je dis fastidieuse de mon point de vue, mais bien sûr, si j’avais passé le clavier à mes zèbres, ils auraient remplacé « fastidieuse » par « waow top génial ». Trois cartables à remplir ici, direction, par ordre d’apparition le CE2, le CE1, et la Grande Section. Trois cartables de primaire de zèbres, cela représente 26 cahiers de tous les formats possibles à recouvrir et étiqueter, 54 crayons de couleur, et autant de feutres, à étiqueter avec patience et amour, 2 calculatrices, 3 ardoises et le restant, réparti en pochettes à rabat tel format, pochettes Canson couleur, noir et blanc, grand petit moyen format, je finis par ne plus savoir, sans oublier les invités de poids : 2 dictionnaires.
Sur ce blog consacré au numérique, vous me voyez venir, amis parents (ou non parents) lecteurs : à l’heure de la dématérialisation, tout ceci est-il bien raisonnable ? Je ne remets pas en cause l’apprentissage de l’écriture et du calcul sur des cahiers en papier, voire je lui souhaite longue vie. Mais j’attends avec une certaine impatience que l’utilisation des outils numériques se généralise. Se banalise. Et ne reste pas tellement exceptionnelle qu’elle fasse l’objet de reportages sur le mode : « Regardez, c’est incroyable, dans cette école, ils tweetent / utilisent des tablettes / des manuels scolaires numériques / des TNI », même si ces reportages sont utiles pour aider à la compréhension des nouveaux usages par le plus grand nombre. Les freins sont certes encore nombreux, comme le souligne un article de Regards sur le Numérique. Mais cette « rentrée numérique » que beaucoup d’acteurs, qu’il s’agisse des parents, des enseignants voire des élèves, appellent de leurs vœux, aura lieu. C’est inéluctable. Nous ne sommes plus dans les « si », mais dans les « quand ? », et, surtout, les « comment ? ».
Comment le numérique doit-il être utilisé ? Comment doit-il faire son entrée (à défaut de rentrée) ? Cela doit-il se faire à marche forcée, comme en Belgique, où deux écoles imposent l’iPad sur la liste de fournitures ? Impossible en France où la gratuité de l’école est la règle, et où il est évident que l’iPad, même s’il sert plusieurs années, a un coût élevé au départ. Et quand les pouvoirs publics imposent la tablette, cela fait débat aussi. Alors ? Alors je pense que les parents d’élèves motivés ont aussi un rôle à jouer. En s’impliquant un minimum, au moins pour lancer le débat autour d’eux. Très simplement : par exemple, que ceux qui ont envie que l’école de leurs enfants non seulement s’intéresse au numérique mais franchisse le pas, en parlent aux enseignants l’établissement où est scolarisé leur enfant. Dans l’école de mes enfants, nous avons organisé des ateliers iPad qui ont très bien fonctionné, et ont convaincu enfants, enseignants, parents. Je crois que nous, parents, avons aussi un rôle à jouer. Si nous voulons que les choses bougent, n’attendons pas qu’elles bougent toutes seules mais aidons-les à bouger, avec nos moyens, nos envies, et surtout, nos clics.
Pour aller plus loin :
Atelier iPad
http://parents3point0.com/ipad-en-classe-avec-les-parents/
Manuels scolaires : comment faire décoller le numérique ?
http://www.rslnmag.fr/post/2012/08/31/Manuels-scolaires-comment-faire-decoller-le-numerique.aspx
L’iPad sur la liste des fournitures en Belgique
Les fournitures scolaires à l’ère du numérique
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/08/31082012Article634819765114004138.aspx

