C’est une petite phrase, prononcée par Anne Sinclair lors du lancement du Huffington Post français, qui a fait tilter mes neurones pourtant vieillissants : « L’équipe est jeune, elle est née avec Facebook et Twitter ». Outre le fait qu’elle est un tout petit peu exagérée sur la jeunesse de l’équipe (ou alors…) –pour mémo, Facebook est né en 2004 et Twitter en 2006–, cette affirmation me semble également un chouilla erronée sur ce qu’elle sous-entend du profil des utilisateurs des réseaux sociaux : jeunes, forcément jeunes.
Plongeons-nous donc sur les données disponibles et voyons un peu : âge moyen des utilisateurs des réseaux sociaux ? 37 ans. Sur Facebook ? 38 ans. Sur Twitter ? 39 ans. Linkedin ? 44 ans… Même sur MySpace, qui a, un temps, incarné une certaine idée de la jeunesse, les membres affichent désormais en moyenne pas moins de 31 printemps. Ce qui n’est certes pas vieux en soi mais pas non plus de première fraîcheur. Alors quoi ? Rien. Juste que l’on associe très souvent « réseaux sociaux » à « jeunesse », en confondant la date de naissance de ces outils, avec celle des utilisateurs. Parce qu’une technologie, ou un outil, est récent, seuls les jeunes seraient supposés savoir s’en emparer : c’est également avec ce genre de raisonnement que les parents se sentent souvent exclus des nouvelles pratiques numériques (qui, d’ailleurs, ne sont plus si nouvelles que cela…). « Jeune » et « nouveau » sont-ils incompatibles avec « âge », et tout ce que cela suppose ? Doit-on, passé un certain âge, rester « out » parce que quelque chose est « in » ?
A force de traîner mes guêtres sur Twitter, et d’y trouver tous les jours matière à m’en réjouir par tout ce que j’y découvre et y apprends, j’ai tout de même fini par me demander, à un moment donné, si tout cela était bien raisonnable. J’y exerce certes mon métier en allant y humer l’info et les tendances, mais la mère de famille quarantenaire, elle, y a-t-elle sa place ? A vrai dire, je connais la réponse, elle est sans appel, sans même l’ombre d’un doute : oui, mère de famille ou pas, quarantenaire ou pas, ça ne change rien, Twitter, et les réseaux sociaux en général, tout le monde, quel que soit son âge, quel que soit son profil, peut y faire des choses intéressantes. On peut également s’en passer, mais c’est un autre débat. Ce n’est pas une question d’âge, mais une question d’appétence.
Sur Twitter, je n’ai pas mon âge. Parce que quand je tweete, je n’ai pas d’âge. Je réponds à des messages qui m’interpellent, je tweete en fonction de l’actu, de l’humeur du jour, j’interagis avec des gens qui sont, je pense, pour la plupart, plus jeunes que moi, mais cette réflexion ne trouve de l’écho que lorsque je cherche mon année de naissance de plus en plus bas dans les menus déroulants de sites administratifs… Sur Twitter, l’âge est aboli, gommé. Il n’a pas d’importance. Seuls comptent les 140 signes, qui pèsent bien plus lourd qu’une année de naissance. Merci donc Twitter de me permettre d’oublier que cette année, mes neurones vont officiellement commencer à dépérir.
Edit : petite précision utile, qui pourra servir de point de repère : alors que Septans, fiévreuse, me donnait tout à l’heure le coup de grâce, dans un autre contexte : « mais toi maman, t’es pas jeune », j’ai voulu comprendre ce qu’était la jeunesse selon une petite fille de 7 ans. « Ben c’est ceux qui sont au lycée ». Bim dans ta face, la mère. En revanche, la bonne nouvelle, c’est que, à l’aune des critères de ma fille, je ne suis pas vieille non plus, parce que je n’ai pas de canne.


On peut généraliser :Sur le net (les réseaux) on a pas d’âge. Sauf que le langage nous trahis et que les algorithmes nous ciblent.J’ai été très surpris en traitant mes élèves post-adolescents de Digital Natives (par provocation je dois l’avouer, en sous-entendant que les subtilités numériques que je leur enseignaient devaient couler de source pour eux) et qu’ils m’ont rapidement répondus « pas tant que ça ».Il y a donc la jeunesse/vieillesse chronologique et celle qui est perçue. J’ai définitivement admis que mes élèves me considèrent comme un « vieux » c’est objectif, et je conçoit aussi qu’ils me considèrent comme jeune (en fait comme leur contemporain, c’est à dire quelqu’un vivant en même temps qu’eux), parce que je les surprend. Une chose est sûre c’est que les parents seront toujours des parents (dignes ou pas) quel que soit le look physique ou mental qu’ils adoptent.Ce qui compte dans un tweet c’est 140 caractères … dans toutes relations c’est le contenu qui importe, mais le statut de l’émetteur n’est pas négligeable non plus.Merci pour ces petits diamants de réflexion.
On peut généraliser :Sur le net (les réseaux) on a pas d’âge. Sauf que le langage nous trahis et que les algorithmes nous ciblent.J’ai été très surpris en traitant mes élèves post-adolescents de Digital Natives (par provocation je dois l’avouer, en sous-entendant que les subtilités numériques que je leur enseignaient devaient couler de source pour eux) et qu’ils m’ont rapidement répondus « pas tant que ça ».Il y a donc la jeunesse/vieillesse chronologique et celle qui est perçue. J’ai définitivement admis que mes élèves me considèrent comme un « vieux » c’est objectif, et je conçoit aussi qu’ils me considèrent comme jeune (en fait comme leur contemporain, c’est à dire quelqu’un vivant en même temps qu’eux), parce que je les surprend. Une chose est sûre c’est que les parents seront toujours des parents (dignes ou pas) quel que soit le look physique ou mental qu’ils adoptent.Ce qui compte dans un tweet c’est 140 caractères … dans toutes relations c’est le contenu qui importe, mais le statut de l’émetteur n’est pas négligeable non plus.Merci pour ces petits diamants de réflexion.
Merci pour votre témoignage !
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